LE BILLET DU MOIS

Perrette dans l'actualité
Le lait de Perrette 

Y a-t-il encore des gens qui connaissent la fable de Lafontaine intitulée : Perrette et le pot au lait? L’image de cette fable me vient à l’esprit chaque fois qu’on projette d’enrichir rapidement toute la population québécoise.

 

Il y a quelque temps,  l’Institut Économique de Montréal a proposé de faire de la vente de l’eau, le succès économique d’un Québec moderne. On parlait de milliards de revenus escomptés pour l’État et les entreprises. Le secteur privé engrangerait à lui seul quelque 59 milliards de dollars qu’il s’empresserait somme toute de réinvestir dans l’économie québécoise. L’État lui-même récolterait une redevance de 10% des revenus en retour d’un maigre support d’à peu près 10 milliards de dollars pour lancer l’opération. Et présentement, on fait miroiter à peu près les mêmes profits avec le gaz et le pétrole de la vallée du St-Laurent.

 

Certes, c’est l’argent de la classe moyenne qui serait utilisé par l’État pour soutenir le secteur privé. Les pauvres n’en ayant pas, même s'ils doivent en payer les conséquences, et les riches ayant les moyens de préserver le leur comme dans tout projet de partenariat privé-public.

 

C’est donc la morale de la fable qui  rebondit et je  cite Monsieur de Lafontaine :« Quel esprit ne bat la campagne, qui ne fait de châteaux en Espagne? Autant les sages que les fous. Chacun songe en veillant, il n’est rien de plus doux : une flatteuse erreur emporte alors nos âmes : tout le bien du monde est à nous. ».

 

Chemin faisant, notre Perrette glisse sur le gravier des changements de climat et des cours boursiers. Rien ne va plus, le pot est cassé, vidé. Gros Jean comme devant, Perrette doit en plus s’acheter son verre d’eau et continuer de payer gaz et pétrole au prix de la loi du marché.

 Denis Prescott c.s.c.,

fin article (T1) - 138 lectures depuis le 4/08/2010